Art/Graphic Director, touche-à-tout passionné par la communication et de la création graphique sous toutes ses formes, je m'installe à Paris en 2009. Je travaille dans les univers de la beauté (cosmétique, parfumerie, bijouterie), mais pas que… Art/Graphic Director, je réalise pour des particuliers et des entreprises des identités visuelles, des éléments de communication, des photoshoot et du conseil avec leur déploiement à 360°. Parallèlement à ça, j'occupe mon temps entre la peinture, l'écriture et surtout la photographie.

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Cette nouvelle est la rencontre entre les directrices mesdames McGonagal et Manoir. Vous ne connaissez que Beauxbâtons ? Pourtant Ultimécia est l’école de sorcellerie la plus ancienne de France… Voici leur rencontre :

L’or du palais étincelait sous le soleil d’été qui l’écrasait de sa chaleur. Les murs de briques rouges et les toits d’ardoises semblaient cuire. Aucun vent ne parcourait les vastes jardins à la Française pour rafraîchir l’air, transportant avec lui l’odeur de la mer et des pins-parasol. Seuls les grillons chantaient à tue-tête, heureux de cette saison sèche du sud de la France. Le Grand Bassin miroitait au soleil, aucune brise ne venant troubler sa surface. Seul point de fraîcheur, de l’autre côté du palais, la fontaine Nicolas Flamel et son eau dorée qui jaillissait en doux clapotis de la statue en or qui trônait en son centre, en l’honneur du célèbre alchimiste. À cette heure, la cour de marbre rose et vert qui l’accueille est encore à l’ombre. C’est ici que se disent au revoir les différents participants à la conférence qui vient de se terminer à l’académie de Beauxbâtons sur le thème de « École de sorcelleries et de magie : mieux préparer les générations futures ». Chaque directeur, professeurs d’envergures ou chercheurs renommés se dirigent petit à petit vers les porte-au-loin qui les ramèneront dans leurs villes ou leurs pays respectifs. La cour résonne de discussions enflammées et on fait le bilan de cette année éprouvante pour le monde de la magie. L’école est vide à cette période de l’année. Ce sont les grandes vacances d’été. Certains en profitent pour s’attarder et profiter des merveilles du palais, réputé pour être la plus belle école de sorcellerie du monde. Construite dans un style classique (voir “Harry Potter et la Coupe de Feu”), elle est beaucoup plus grande que Versailles et ses merveilles les surpassent en toutes choses. Des peintres, architectes et jardiniers de renoms ont œuvré ici, tous plus ou moins consciemment, lors de sa reconstruction en XVIIe siècle.

— Madame, s’il vous-plaît, madame McGonagal ! Bonjour !
— Bonjour.
— Désolé de vous interpeller de la sorte alors que vous vous apprêtiez à prendre votre porte-au-loin, mais je n’ai pas eu l’occasion de vous parler. La directrice de Poudlard est très demandée !
— Je vous en pris. Madame… ?
— Pardon, je manque à tous mes devoirs ! Madame Manoir. Aurore Manoir, directrice de d’Ultimécia.
— Mais bien sûr, la seconde école de sorcellerie française !
— Seconde ? Ah ma chère, heureusement que je vous ai rattrapée avant votre départ. J’ai beaucoup à vous dire.
— C’est que je suis attendu. J’ai fort à faire avant la rentrée.
— Je vous en pris. Vous n’êtes pas si pressé que ça, si ? Allons déjeuner, ils ont installés un buffet dans la Galerie aux Illusions pour ceux désirant se restaurer avant de partir.

La directrice McGonagal sembla hésiter un instant et regarda l’heure sur une surprenante montre à gousset en pinçant les lèvres.
— Je suppose que j’ai le temps. Après tout, je n’ai pas si souvent l’occasion de profiter d’un repas français.
— À la bonne heure ! Vous m’en voyez ravis !
— De quoi voulez-vous me parler ? Est-ce en rapport avec la conférence ?
— Nous parlerons une fois à table, je vous en pris. Profitons de la promenade jusqu’à la Galerie pour faire connaissance, qu’en pensez-vous ?
— C’est très français.
— Désolé, j’en suis confuse, répondit Mme Manoir qui n’avait pas l’air de l’être du tout.

De fait, le chemin depuis la cour d’honneur Flamel jusqu’à la Galerie des Illusions était un véritable ravissement pour les sens. La direction de BeauxBâtons avait mis les bouchées doubles pour être à la hauteur de sa réputation, comme à chaque fois qu’elle recevait. Musique classique s’élevant de bosquet, chœur de nymphes au détour d’un couloir, volières d’oiseaux exotiques et inconnus des biologistes aux couleurs vivent dans un boudoir, cabinets de curiosités en libre accès, peintures et sculptures renaissances se mouvant avec grâce. Mais la Galerie des Illusions étaient d’un tout autre acabit. Calquée sur la Galerie des Glaces des Versailles, celle-ci était trois fois plus grande, et au lieu des miroirs, c’était des panneaux d’illusions qui en paraient les murs. Il s’agissait de tableaux vivants, mais plus encore, des mondes entiers à portée de main. Les regarder, c’était y pénétrer, y vivre une danse, une liaison, une aventure, une quête ou une épopée. Si chaque panneau avait ses thèmes, personne n’y voyait la même illusion. Certaines personnes se sont abîmé en contemplation des heures, voir des jours entiers selon la rumeur, comme s’ils avaient quitté leur corps pour pénétrer l’illusion. Bien sûr, il n’y avait aucun danger, et la Galerie n’était que pure trivialité. Le plafond de stuc doré à la feuille d’or, orné de panneaux peints d’illusion de ciel, où l’on voyait se prélasser anges et divinités antiques, jetant des coups d’œil amusé en bas, sur ces fourmis d’humains. D’incroyables lustres y étaient suspendus, leurs lourdes chaînes d’or se perdant dans l’infini de ces ciels paradisiaques.

McGonagal et Manoir y étaient bien sûr déjà venu à diverses occasions durant leurs carrières, mais la magnificence des lieux faisait toujours son effet. De longues tables y étaient installées, mais aucun buffet finalement. Un menu était posé sur des assiettes de porcelaine, et il suffisait de nommer le plat qui vous faisait envie pour qu’il vous soit apporté par un domestique engagé spécialement pour l’occasion.
— C’est ici que les étudiants prennent leurs repas ? Interrogea McGonagal qui ne voyait pas d’un bon œil cette débauche de luxe et d’illusions plus ou moins sulfureuses pour l’éducation d’enfants.
— Non, les repas pour les étudiants sont servis dans les communs, rassurez-vous. La Galerie des Illusions n’est ouverte que rarement, et seulement pour les grandes occasions. On y perdrait trop d’élèves en contemplation !
— Je me disais aussi.
— L’académie des BeauxBâtons est restée très classique sur bien des aspects, continua Manoir. Le directeur dort ici, au premier étage, tandis que les professeurs dorment au second. Les élèves quant à eux sont logés sous les toits, comme les courtisans en leur temps.
— Je vois, répondit McGonagal en étudiant le menu. Vous semblez montrer quelques… comme dirais-je… retenu, vis à vis de cette académie.

Manoir soupira.
— Ce n’est pas à proprement parler des griefs, mais je suis las de la réputation de cette… pompeuse et orgueilleuse académie.
Manoir avait fini sa phrase dans un souffle, sur le ton de la confidence. McGonagal commençait à regretter d’avoir accepté l’invitation.
— Je ne comprends pas où vous…
— Tout à l’heure, interrompit Manoir, vous parliez d’Ultimécia comme de la “seconde” école de sorcellerie française. C’est cet état de fait que je trouve injuste et que j’espère réparer. Pour commencer, saviez-vous qu’historiquement Ultimécia est un établissement bien plus vieux que BeauxBâtons ?
— Non, je vous avoue que je l’ignorais…
— Savez-vous pourquoi il y a une fontaine à effigie de Nicolas Flamel dans la cour d’honneur ?
— Bien sûr, rétorqua McGonagal qui n’aimait pas beaucoup cet interrogatoire. C’est un ancien élève de l’académie, lui et sa femme se sont rencontré ici et grâce à la pierre philosophale, ils en ont financé une grande partie (source – wikipedia).
— Effectivement, c’est la version officielle. Mais vous êtes, vous déjà pausé la question de comment Nicolas et sa femme peuvent être d’anciens élèves d’une école dont ils ont financé la construction ?
McGonagal, leva ses yeux du menu et les planta dans ceux de Manoir. Elle n’avait jamais relevé cette étrangeté. Elle en était presque vexée.

— Peut-être ont-ils financé des agrandissements ou une réfection, qu’en sais-je.
— Non non, pas du tout. C’est une mystification. Un coup de com’ et un coup de génie de la part des Nobles Sorciers du XVIIe siècle ! Les Flamel, déjà âgé de 294 ans, ont effectivement grandement financé la construction du palais, dans un style typique de l’époque. Mais ce sont sur les bancs d’Ultimécia qu’ils se sont rencontrés, alors unique école de sorcellerie française !

McGonagal était surprise. Elle n’avait jamais entendu cela. S’il existait un livre sur l’histoire de Poudlard, il devrait en exister un sur BeauxBâtons. Il faudrait qu’elle le trouve et se renseigne sur cette histoire.
— Laissez-moi, si vous le permettez, vous raconter l’histoire de la fondation d’Ultimécia et de la création de BeauxBâtons. Ça égaillera notre repas ! Je prendrais un soufflé à la mousse foie gras en entrée puis j’hésite avec la raclette… avec cette chaleur, ça serait peut-être pas supportable… mais c’est tellement bon ! Allez, soyons sérieuse, je prendrais les cuisses de chevreuil avec la purée de poires et châtaignes.
— Et moi, je prendrais des escargots en entrée, et de le faisan faisandé aux morilles.
— Excellent choix. Rare sont ceux qui aiment les escargots à part les Français. Alors que c’est délicieux ! Ah, voilà nos entrées ! Rapide. Merci bien.

Les deux majordomes s’éloignaient de la table tandis que l’air s’emplissait de délicieuses odeurs.
— Vous avez piqué ma curiosité, annonça McGonagal. Je vous écoute. Je vérifierai évidemment chacun de vos dires ultérieurement.
— Bien entendu. Et une fois de plus, mon intention n’est pas de malmener la réputation de BeauxBâtons, mais de faire reluire celle d’Ultimécia. Et il va s’en dire, que les deux peuvent cohabiter au sommet des instituts de sorcelleries, européennes et mondiales.
— Rien que ça.
— Rien que ça. Poudlard, BeauxBâtons et Durmestrang partagent ces réputations d’excellences et leurs réputations sont mondiales. Surtout grâce aux Tournois des Trois Sorciers. Mais nous y reviendront. Ilvermorny aussi, évidemment.
Revenons nous-en au commencement. À cette époque, le fort qui deviendra l’école d’Ultimécia, se trouve en Touraine. Cela tombe sous le sens, évidemment. Cette région à de tout temps était le creusé des plus beaux châteaux, de plus beaux esprits et des plus beaux courants artistiques et philosophiques. De plus, le climat est doux, à mi-chemin entre les magiques terres bretonnes et les sauvages terres d’Auvergne. “Le jardin de la France” comme on l’appelle, à deux pas de Paris. Mais je m’égare.
Le fort de Charlillon date du XIe siècle. Construit dans un petit plateau (on manque de relief dans la région), le fort s’élèves à flan de falaise, au-dessus d’un fleuve, ou d’une rivière… je ne peut pas être vraiment précise, vous savez mieux que personne que les emplacements des écoles de sorcellerie sont secrets. Ici même, on sait juste qu’on est vers Canne ! Quoi qu’il en soit, le Fort appartient à la famille des Montaguie de Turon. Une famille de petite noblesse à qui appartient les terres alentours et dont ils sont en charge de la protection. Une famille de sorciers, vous l’aurez sans doute deviné.
Ce soufflé est divin ! Voulez-vous le goûter ?

— Non merci. Poursuivez.

— Bien, pardon. Le Fort est un bâtiment roman, typique de l’époque. Avec ses douves alimentées par un petit lac, c’est une place-forte imprenable. Le peuple du village voisin peut s’y réfugier sans crainte, d’autant plus que les jardins vont très vite être entouré de mur et d’une porte fortifiée. Le tout consolidé par la magie, cela va sans dire. Le temps passant, ce n’était plus les barbares et les pillards qui menaçaient, mais l’Église de Rome. Seul Noble Sorcier de la région, les familles sorcières de moindre extraction des environs commencèrent à y envoyer leurs pupilles, pour être mis à l’abri. Des gens désoeuvrés, souvent du bas peuple et sans éducations arrivaient en grand nombre. Certains d’entre eux n’étaient même pas des sorciers, mais juste victime de racontars malveillants. Des jaloux qui dénonçaient leurs voisins faussement pour récupérer leurs terres. Une bien triste époque pour notre communauté. L’Europe a sombré dans les ténèbres.

— Oui, c’est également vers cette époque que Poudlard a vue le jour. L’école fut fondée en 991.

— Ah je l’ignorais ! Vous voyez, cela nous fait un point commun !

— Si vous le dites, déclara McGonagal sans relever que presque un siècle séparé la construction de Poudlard et d’Ultimécia. Tous les enfants étaient recueillis, évidemment, poursuivit Manoir comme si elle n’avait rien entendu. Qu’ils aient des pouvoirs ou non. De toute façon, même ceux qui montraient des dispositions magiques, n’avaient souvent aucune éducation aux arts occultes et ne savaient que soigner les bêtes et les hommes, allumer des feux de cheminer, et d’autres magies rurales rudimentaires. Guère plus. La famille des de Turon décida d’éduquer ces enfants. Avant tout pour leur apprendre à se défendre et à se cacher. Quant à ceux sans pouvoir, on leur apprenait le druidisme, une forme de sagesse ancestrale qui ne nécessite aucun pouvoir particulier pour sa base. Rien de trop élaboré bien sûr. On ne leur apprenait pas à communiquer avec les plantes et les animaux, à invoquer des esprits de la nature et des sorts à proprement parlé. Mais ils faisaient de bons médecins et connaissaient les plantes, les onguents et autres. Quoi qu’il en soit, autant d’enfants arrivant de partout, cela finit par attirer l’attention. Surtout que dès la fin du XIIIe siècle ils étaient plus d’une centaine. On parlait dans tout le pays du Fort où on apprenait l’ “Ultime Science”. L’Utlima Scienca en latin. Qui devint aux files du temps Ultimécia. La situation devenait intenable. Les terres du château étaient sans cesse attaquée, les rumeurs les plus folles couraient à la Cour, et la protection des enfants devenait difficile à garantir.

C’est au XVe siècle qui fut prise par la famille des Lignac Saint Alban (héritière des Montaguie de Turon) la décision de masquer magiquement l’existence du Fort Charlillon. Il fut effacé des registres, des armoiries officielles et des mémoires. Le Fort prendrait dès lors le nom de code d’Ultimécia, et on entama la construction d’un nouveau château en face de celui-ci. Un château de style gothique flamboyant vit le jour. Le Fort fut transformé en immenses dortoirs pour accueillir les futurs élèves qui ne cessaient d’affluer de toute la France tandis que les cours auraient lieu dans le Château. Sa construction marqua l’essor de l’école, qui fut la première d’Europe.

— Poudlard existait déjà et c’était déjà établi comme une école bien avant.

— Oui en effet, pardon. Vous avez parfaitement raison. Je voulais dire, d’Europe continentale. L’Angleterre était une île difficile d’accès et souvent en guerre avec le continent. Des enfants d’Espagne, de Prusse et d’Italie commencèrent à arriver. C’est d’ailleurs face à cette fuite de sorciers que les autres pays européens ont décidé d’imiter l’Angleterre et la France et de créer leurs écoles de sorcellerie.

— Qui eut cru qu’il y eut autant de sorciers en Europe.

— Oui c’est vrai ! À l’époque on se pensait tellement isolé ! Alors que nous étions déjà fort nombreux ! répondit Manoir exaltée. Le Château est magnifique. Vous voyez Chambord ? Le Château est dans ce style, avec ses centaines de cheminées et ses arches de pierres défiant la gravité. Une pure merveille ! Il est en forme de T, fermé par deux cours magnifiques, comme des cloitres, tout en dentelles de pierres. L’ensemble forme un carré parfait. Enfin “était”, une des cours a été détruite. C’est Léonard de Vinci lui-même qui en a fait les plans. Et contrairement à Chambord, grâce à la magie, il a été construit plus vite et il l’a vu fini de son vivant ! C’était une personne admirable. Un véritable ami de notre cause, alors que lui-même n’était pas sorcier. Si vous voyez ce que la magie lui a permis de faire ! Son génie en ingénierie et architecture n’a jamais été aussi incroyable. On raconte qu’il avait des siècles d’avance sur son temps. Et c’était vrai : la majorité de ses inventions étaient irréalisables à l’époque… sauf avec l’aide de la magie. Et ses escaliers à vis, ses arcades, ses plafonds, ses arches suspendues, ses tours et ses ponts… son Château à beau être de tuffaut, on le jurerait organique, on se demande comment il peut tenir debout tellement il est aérien, et pourtant il est solidement planté dans le sol avec ses murs épais et massifs à la base. C’est vraiment une incroyable construction… Pardon je digresse ! Ou en étais-je ?

— Ultimécia venait de naître officiellement, indiqua McGonagal en levant les yeux au ciel.

— Ah oui voilà ! C’en suit une période plutôt calme pour l’école, même si la renaissance laissa place à d’autres courants. Les temps se firent plus sûrs pour les sorcières et sorciers. Mais la révolte grondait, et de nouveaux Nobles Sorciers voyaient d’un mauvais œil cette école de sorcellerie qui était devenue farouchement indépendante et qui acceptait tous les sorciers sans distinction de classe. Les intrigues de cour, la bête du Gévaudan, les messes noires, l’affaire des poisons : autant d’histoires impliquant les sorciers de la cour c’étant hissé dans les plus hautes sphères de la société. Quelques familles essayèrent de pousser Ultimécia a la révolte, d’autre à la faire devenir courtisane et à se rattacher au pouvoir royal. Ce fut un échec, évidemment. Une campagne de diffamation commença donc. Les leçons prodiguaient furent qualifié de vieillots et de magie de campagne. On critiqua ses enseignements et la qualité de ses professeurs. Sans oublier de vives critiques sur le fait que tous y était admis, mélangeant roturiers et nobles. Le nombre d’étudiants commença à descendre. Mais pas assez vite semble-t-il, puisque ces nobles s’associèrent à la haute bourgeoisie sorcière pour financer leur propre école. Loin du pouvoir royal, dévoué à leurs causes d’autonomie, à leur idéologie de créer un pouvoir politique et une société parallèle, avec un système de castes, avec une inscription réservé à l’élite.

— BeauxBâtons.

— Exact. Ils rallièrent à leur cause Nicolas Flamel, déjà âgé de 294 ans comme je l’ai déjà dit, dont les placements financiers et immobiliers, associé à sa pierre philosophale, avait fait de lui l’homme le plus riche de tous les temps. Débuta alors la construction d’un Palais dans un style classique, quelques années après le début des travaux de Versailles. Le but était de faire plus grand, plus beau. Et soyons honnête, ils ont réussi. Dès que Versailles commençait un agrandissement, ils faisaient pareil. En mieux, magie aidant. C’est ainsi qu’est né la Galerie des Illusions, en réponse à la Galerie des Glaces : il fallait montrer la suprématie des sorciers face aux simples gacèmes (À l’origine GACM : les initiales d’une ancienne formulation latine : genus anteconiunctio magicus. « Espèce d’avant la fusion magique ». Il s’agit des humains dénués de pouvoirs magiques). Aux moldus comme vous dites.
Avec l’ouverture de cette académie de prestige, Ultimécia vit son nombre d’élèves chuter drastiquement. Pour riposter, l’école a alors décidé de s’agrandir une fois de plus. Dans le parc, en plus du Fort et du Château, nous entamâmes la construction d’un Palais dans le même style. Ce bâtiment est évidemment beaucoup moins grand que l’académie de Beaubatonx, nous n’avions pas leurs ressources. Néanmoins, il est magnifique ! Une pure merveille d’architecture ! J’ai un faible pour le Château, mais c’est vrai que le Palais est somptueux. Tout en briques rouges, marbres divers et dorures. Mais on commençait à manquer de place. On a hésité à raser une partie de la forêt, mais finalement, il fut construit en L non loin des deux précédentes constructions, plongeant sur la falaise. C’est là que l’idée des architectes du 17e siècle a été géniale : le Palais est en fait en U, mais sa dernière aile se trouve dans la montagne dans le plus pur style troglodytique de la région ! C’est une véritable dentelle de pierres : des fenêtres, des balcons, des galeries entières parsèment la façade de la falaise. Le tout imitant le style classique avec ses corniches et toutes ses richesses de fioritures ! Un véritable tour de force ! L’effet est impressionnant ! Et l’avantage, c’est qu’il nous est toujours possible de creuser d’avantage à l’intérieur de la roche pour agrandir cette partie de l’école !

— Ça doit être très sombre s’il y a plus qu’une pièce en façade, non ? Interrogea McGonagal plus pour calmer Manoir que dans un réel intérêt architectural.

— Absolument pas ! Les couloirs et les salles de cours qui ne donnent pas sur l’extérieur sont toutes éclairés par magie d’une lumière naturelle, émanent de la pierre elle-même !

— Impressionnant, en effet. L’idée est originale, il fallait y penser.

— N’est-ce pas ? Mais je vous avoue qu’au fil du temps, c’est devenu un véritable gruyère et il est assez dangereux de s’y aventurer…

— Nous avons ce problème à Poudlard avec nos cachots. Mais je ne vois pas où tout cela nous mène. Ultimécia a donc était battu par la concurrence. C’est cela que vous vouliez me conter ?

— Oui en effet. Mais l’histoire n’est pas finie. Beaubâtons avaient malgré tout plus de succès. Ultimécia était dépassé, ringarde si j’ose dire. Nous avons donc changé de stratégie et proposé des filières inédites en accentuant nos différences au lieu de nous aligner sur l’académie. Nous avons ressorti des placards les cours de magies élémentaires et des filières comme le druidisme, qui avait disparu depuis des siècles. Pour ce faire, au 19e siècle on a fait de la place dans les magnifiques jardins à la Française du Palais pour y construire une serre. Un chef d’œuvre de verre et de fer.

— Réalisée par Eiffel, je suppose ?

— Haha ! Je suppose que le directeur de l’époque a essayé ! Mais non, même si le style ressemble en effet. La serre est d’ailleurs pourvue d’automates en tout genre, très en vogue à l’époque, mais dont Eiffel n’avait pas la science. La magie aide à les faire fonctionner. Et c’est d’ailleurs cette première approche de fusion de la technique et de la magie qui allait redonner ses lettres de noblesse à Ultimécia. Au 20e siècle, la direction décida qu’il ne fallait pas seulement garder vivace les anciennes magies face à la modernité du monde. Une université fut créée, un grand bâtiment moderne en verre fut construit dans ce qu’il restait des jardins à la Française. Un drame selon moi. Il nous en reste, bien évidemment, mais guère plus grand qu’à Villandry…

— Si vous le dites, répondit McGonagal, qui, bien qu’ayant souvent était en France, avait une connaissance limitée des châteaux du Val de Loire auxquels son interlocutrice ne cessait de faire allusion.

— Quoi qu’il en soit, nous avons été les premiers à ouvrir une université pour permettre des études supérieures et les sections de recherches qui vont avec, là où BeauxBâtons commencent à peine à ouvrir ses premières classes. Nous y avons des recherches et des cours en technomagie notamment, en mathémagie et en cosmomagie. Des secteurs de recherches passionnants ! La magie permet de faire le lien entre les théories quantiques, la théorie des cordes et les mathématiques classiques. Les applications sont incroyables ! D’après les recherches de certaines filières, des étudiants ont avancé qu’il serait possible de coloniser Mars dès 2020 !

— Ce sont des chemins dangereux que vous explorez là. La magie et la science des moldus n’a jamais fait bon ménage et je ne pense pas qu’il faille essayer de créer des ponts entre notre civilisation et la leur. La magie nous permet de bien vivre, bien mieux et plus facilement que la “technologie”, et ce, depuis des siècles.

— Certes, mais avec les recherches en domotiques, les différences entre magie et technologie s’affinent d’année en année. Ils pourront bientôt commander la lumière, les fenêtres et je ne sais quoi encore, rien qu’avec la voix, comme nous avec nos sortilèges. Ils ont déjà des logiciels qui leur permettre de reconnaître n’importe qu’elle musique, simplement en la faisant écouter à une machine. Aucun sortilège de ne le permet à ce jour.

— Je reste sceptique. Mais je dois avouer que j’ai lu quelques articles sur votre “université” et ses avancées magiques. Notamment sur la section de création de nouveaux sortilèges. Ceci est beaucoup plus pertinent si vous voulez mon avis.

— Le problème, c’est qui si depuis un siècle, Ultimécia voit sa cote de popularité remonter et attirer de nouveaux professeurs illustres et de nouveaux élèves de tout bord, nous manquons encore cruellement de visibilité.

— Je comprends bien votre problème. Mais en quoi cela me concerne-t-il ?

— Il s’avère que l’a renommé de Beauxbâtons vient en grande partie à sa participation au Tournois des Trois Sorciers. Ors, seulement trois écoles y participent. Lorsque j’ai pris mes fonctions il y a deux ans, j’ai communiqué avec Albus Dumbeldor et entretenu une relation épistolaire très riche…

À ce nom, McGonagal se raidit malgré elle sur sa chaise. Son regard se fit plus intense et plus dur. Mme Manoir poursuivit :

— Il est même venue à l’école lui-même lors d’un déplacement officieux. Il était très secret ! Je crois que ça lui plaisait de faire les choses en cachettes…

— Oui, il avait en effet cette fâcheuse manie.

— Quoi qu’il en soit, il nous à quitté à la fin de ma première année à mon poste, et rien n’a pu être fait. Mais il m’avait mis en contact avec le directeur d’Illvermorny.

— L’école Américaine.

— Oui tout à fait. Elle aussi souffre d’un manque de reconnaissance à l’international cruel. L’idée de Dumbeldor était de faire un tournoi des Huit Sorciers, avec les trois écoles du tournoi actuel, mais aussi avec les établissements d’Ultimécia, d’Illvermorny, mais aussi de Miztisamā de Turquie, de K’illpayurqu du Pérou et de Rêhadj d’Egypte. Les huit plus grandes écoles de magie du monde, se réunissant une fois tous les 5 ans, dans un tournoi légendaire ! Qu’en pensez-vous ?

— Pour commencer, que les écoles asiatiques ne seront pas contente.

— Oui, mais elles sont difficiles à contacter et je n’ai pas réussi à les approcher, concéda Mme Manoir.

— Et que ça fera deux écoles françaises. Ça vous permettra de vous mesurer à Beauxbâtons, j’ai bien compris l’intérêt que vous y trouviez. Mais cela reste injuste pour les autres participants qui n’auront qu’une école par pays.

— Si ça ne tenait qu’à moi, BeauxBâtons ne participerait pas, même si je serais heureuse de mesurer mon école à leur académie. Mais le fait qu’il existe deux écoles de sorcellerie rivalisant en prestige et en… qualité, si j’ose dire, dans un même pays est très rare. C’est même une exception. De part nos nombres d’élèves respectifs, il est tout à fait justifié que les deux écoles y participent. Mais bien entendu, Dumbeldor avait les mêmes réserves. Il avait suggéré la création d’une “équipe” commune. Avec une pré-sélection entre BeauxBâtons et nous.

— Qu’en pensent-ils ?

— BeauxBâtons ? Je ne leur ai pas encore proposé… je devais le faire avec Dumbeldor, mais sans l’appui de Poudlard, l’entreprise est vouée à l’échec…

— C’est donc là que j’interviens. Vous souhaiteriez que j’appuie la création de ce nouveau tournoi ? Avez-vous la moindre idée de ce qui s’est passé lors du dernier Tournois des Trois Sorciers ? demanda McGonagal qui semblait se contenir du mieux qu’elle pouvait pour ne pas se changer en furie.

— Oui… qui ne l’est pas ? Néanmoins…

— Néanmoins rien du tout. Ces Tournois de sorcellerie sont une plaie et une aberration qu’il faut arrêter. Si vous persistez dans cette voie, sachez que Poudlard ne participera pas à votre projet. Vous pourrez toujours appeler ça le Tournois des Sept Sorciers.

— Sans vous, personne ne se ralliera et le projet est voué à l’échec, soupira Mme Manoir.

— Cela dit, notre rencontre n’aura pas été vaine car elle m’a fait penser à quelque chose. Laissez-moi vous parlez à mon tour d’un projet que je nourris depuis quelque temps. Il s’agirait de mettre en place un système d’échange entre des écoles. La possibilité pour les élèves d’aller faire un semestre ou une année complète à l’étranger.

— Oh ! C’est une excellente idée ! C’est tellement simple que je n’y avais pas pensé !

— Nous devrions en discuter. Mais pas aujourd’hui, je dois absolument partir. Le repas était délicieux, mais je suis vraiment en retard maintenant.

— Je comprends. Et vous devez vérifier mon histoire.

— En effet. Car vous l’avez peut-être oublié, mais BeauxBâtons participent au Tournois des Trois Sorciers depuis sa création en 1294, les dates ne coïncide pas du tout avec vos dires.

— En effet, je ne l’ai pas abordé, tout simplement par ce que je ne sais pas…

— Comment est-ce possible ?

— Comme je vous l’ai dit, l’histoire de France a été malmenée par les sorciers. Modifications des registres, effacement des traces écrites, altération des mémoires… Les histoires des Beauxbâtons et d’Ultimécia n’existent que dans nos propres registres. On retrouve de temps en temps quelques correspondances manuscrites qui permettent de vérifier une date, mais les écoles de magies sont tous plus ou moins spécialistes de la falsification, surtout les Françaises. Question de sécurité…

— Donc, peut-être que tout est faux et que BeauxBâtons est bien plus vieux qu’Ultimécia.

— Les styles architecturaux plaident en ma faveur. Mais de toute façon, je me fiche du passé. C’est l’avenir qui m’intéresse. Venez visiter Ultimécia quand vous le désirez. Après la rentrée, pour voir comment fonctionnent nos cours. Ça nous permettra de voir si nos systèmes scolaires sont compatibles pour des échanges. Cette idée est vraiment intéressante, même si je compte créer ce Tournois à huit malgré tout… peut-être sous forme de Jeux Olympiques, plus bon enfant…

— Je viendrais bien volonté, concéda McGonagal. Il en va de même pour vous, vous serez attendue durant l’année pour visiter Poudlard.

— J’en suis ravie !

— Maintenant, veillez m’excuser. Bonne journée madame. Au plaisir.


Jean-Côme

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