Peut-être l’avez-vous déjà remarqué, mais on est de plus en plus confronté au mystérieux format .webp, notamment sur Google Image, format pas du tout adobe-friendly. Alors, ce format : quésaco ?

Un format plus vieux qu’on ne croit : les origines

Le format WebP, est un format d’image matricielle. C’est à dire que l’image se décompose en “matrice”, autrement dit, en une grille remplie de points. Des points, qui s’appellent, des pixels. Rien de bien révolutionnaire, c’est la base de toutes les images numériques (ça et les images vectorielles). La qualité d’une image matricielle dépend de la taille de la grille et du nombre de couleurs utilisées par les pixels. On connaît surtout, pour ce genre d’images, le jpeg (image fixe), le png (image fixe + fond alpha), sans oublié le gif (animé + fond alpha).

 

 /!\ ALERTE DIGRESSION /!\

GIF est l’acronyme de Graphics Interchange Format. Graphic. [gu]raphic.
Donc [guiffe]. Je ne comprendrais jamais pourquoi le créateur du format,
Steve Wilhite,
a dit que ça se prononçait [jiffe]. Encore aujourd’hui, des années après,
je dois lutter pour dire [jiffe]…

 /!\ FIN DE LA DIGRESSION /!\

 

Et donc, le format WebP. Ce format est relativement récent comparé aux autres. C’est un format créé par Google, datant de 2011. C’est pourquoi les images de Google Image, si vous les faites glisser sur votre bureau, sont de plus en plus dans ce format, compressées ainsi par Google. Difficile à prononcer ([web pi]), il est officieusement prononcé “weppy”, et je trouve ça trop mignon.

Alors pourquoi commence-t-on seulement à découvrir son existence ? Parce que Google, malgré sa toute puissance, peine à l’implanter. Chez les navigateurs déjà : Chrome (évidemment) le lit depuis le début, suivi par Opéra. Il faudra attendre fin 2018 pour qu’Edge, sur Windows 10, (mais pas Internet Explorer 11) supporte le format. Puis Firefox (y compris Android) le lit début 2019. Et, bien sûr, Safari ne le prend toujours pas en charge (malgré une prise en charge sur une version bêta de macOS Sierra et iOS 10).

Presque 10 ans après la création du format, on est encore sur une guerre entre les deux géants Apple et Google. Et, pour le plus grand malheur de directeur artistique et graphiste comme moi, Adobe aussi, boude le format (il existe un pluging pour photoshop, mais… meh). Il en va de même pour WordPress d’ailleurs. Pour en mettre ici, je dois le télécharger directement sur mon hébergeur et écrire ici le chemin pour l’intégrer manuellement. Donc, quel est ce format qui tente de s’imposer malgré les difficultés ?

 

Un format léger et rapide

Google est parti d’un constat très clair : les images pèsent trop lourd, il y a trop de data consommées pour en charger sur les navigateurs, surtout avec l’avénement de l’internet mobile. Ils ont donc cherché à créer un format plus léger afin d’accélérer et de fluidifier l’utilisation du web : les images représentent en moyenne 65 % des données reçues lors de la consultation d’une page web. Mais aussi, bien évidemment, de sauver la planète.

 

 /!\ ALERTE DIGRESSION /!\

Pour rappel, le stockage et le partage d’images et de vidéos polluent énormément.
La consommation mondiale de streaming vidéo par exemple
(VoD, pornographie, clips musicaux, etc.),
émet chaque année 300 millions de tonnes de CO₂.
Une pollution numérique équivalente à celle d’un pays comme l’Espagne.

 /!\ FIN DE LA DIGRESSION /!\

 

Le webp se pose en concurrent direct du gif et a de sérieux arguments :

GIF :

  • • compression avec perte,
  • • un maximum de 256 couleurs à la fois (sur un panel RVB de 16 777 216 nuances),
  • • la transparence (aka, le fond alpha),
  • • animation de l’image,
  • pas de métadonnée.

WEBP :

  • • compression avec ou sans perte,
  • • profil de couleur ICC intégrés (pas de limite de couleurs),
  • • la transparence,
  • • animation de l’image,
  • • jusqu’à quatre métadonnées (le nom de l’auteur de l’image, le titre de l’image, des informations sur le droit d’auteur et des commentaires).

Le format WebP propose plus de fonctionnalité que le format gif. Soit.
Et le poids donc ? Car c’est belle est bien le nerf de la guerre. Ici aussi, le format webp tape fort. Très fort. Il annonce la réduction du poids de 30 à 80 % par rapport aux formats jpg, png et gif !

Faisons donc le test :

Crash test

J’utilise un bête convertisseur en ligne.  Désolé pour ceux qui sont sur safari, nous ne verrez pas le résultat je pense. Et comme le format webp n’est pas compris par wordpress, je ne peux pas faire de lightbox pour que vous puissiez cliquer et agrandir les images. Mais quand bien même, voici les résultats.

Photo (©Jean-Côme Cabanne) que j’avais déjà optimisée pour le web :

Type: jpg (1052 x 701 px), poids : 454,32 KiB.

Type: webp (1052 x 701 px), poids : 329,84 KiB. (-27,4%)

Gif (©Jean-Côme Cabanne) que j’avais déjà optimisé pour le web :

Type: gif (678 x 488 px), poids : 360,49 KiB.

Type: webp (678 x 488 px), poids : 174,2 KiB. (-51,68%)

Gif (©Le cœur a ses raisons) :

Type: gif (468 x 360 px), poids : 5,04 MiB.

Type: webp (468 x 360 px), poids : 0,96 MiB. (-80,98%)

Gif (©Galavant) :

Type: gif (650 x 366 px), poids : 4,1 MiB.

Type: webp (650 x 366 px), poids : 855,4 KiB. (-79,65%)

Bilan

Sur plusieurs articles, j’ai vu comme critique que les webp étaient moins lumineux et plus ternes que les formats d’origines. Je ne l’ai pas perçu, pourtant j’ai choisi dans ce but, dans mes tests, des photos très colorées et lumineuses. Le webp de moi servant du vin et celui du Cœur a ses raisons, semblent, en effet, un peu plus terne, mais il faut vraiment chercher.

En revanche, il est vrai que parfois, le webp est moins fluide. D’où le choix de la dernière animation, avec des détails (les poils, les gouttes d’eau, etc.). Et, effectivement, il faut avouer que le webp est un peu plus pixelisé. Je le vois sur mon écran, en grand. Mais le percevez-vous sur votre téléphone ou dans la mise en page en colonne sur votre ordinateur ?

Personnellement, je suis plus que conquis par ce format ! Dédié exclusivement au net, si son utilisation devenait la nouvelle norme, la navigation deviendrait plus fluide, les pages seraient infiniment plus rapide à charger. La fibre me direz-vous ? La 5G ? Je vous répondrai qui peut le moins, peut le plus, et que même si on n’a pas forcément besoin de charger plus vite actuellement, il reste des lieux où l’on doit encore utiliser la 3G (voir moins), que le wifi ou un forfait se bloque après un certain nombre de datas téléchargées. Nos disques durs seraient également moins pleins et on pourrait archiver encore plus d’images. Et bien sûr : réduire la pollution globale générée par toutes les images et les memes qui envahissent nos routeurs !

Donc, si la guéguerre entre Apple et Google pouvait finir, si on pouvait normaliser ce format, je vous en saurais fort gré ! De toute façon Google nous l’impose de plus en plus, alors sautons le pas !









Jean-Côme

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