Un Choc. Une onde de choc même. Que dis-je ! Un tsunami !

Voilà ce que provoque la dernière campagne Nana depuis quelques jours.

Pourquoi ? Car elle ose montrer des vulves et du sang menstruel !

Rassurez-vous, l’agence AMV BBDO, le fait de manières créatives plus ou moins suggéré, avec un certain brio. D’abords lancé en Angleterre, le spot a remporté pas moins d’une vingtaine de prix, dont 6 Lion d’Or et 2 Lion de Titan à Cannes en 2019. Sorti en France le 11 octobre 2019 (mais disponible sur le youtube de Nana France depuis le 26 juillet 2019), elle provoque de vives réactions.

Pourquoi ?
Certains se disent choqué, notamment par rapport à leurs jeunes enfants. Mais comprennent-ils ? La suggestion me semble bien dosé pour ne pas être compris des plus jeunes. Pour moi c’est parfait ! À moins d’être déjà très informé, les plus jeunes ne comprennent pas que ce cupcake ou ce porte-feuilles, cette robe ou cet origami, représente le sexe féminin.

Et quand bien même, à notre époque, est-il impossible de parler du sexe de la femme sans le sexualiser, ce que l’on fait pourtant assez facilement avec celui de l’homme ? C’est sans doute le même problème entre une paire de seins feminine et masculine. L’un n’est pas sexualisé, alors que l’autre si. Et pourtant messieurs, on sait tous combien nos tétons à nous aussi peuvent être sensible et agréable à mordiller, ne niez pas !

Le problème vient-il alors du sang présent sur une serviette ? Depuis quelques années déjà les voix se lèvent contre le liquide bleu qui nous est familier.
Nous vivons une époque de changement et d’acceptation, d’émancipation et de résilience. Ça fait quelques décennies maintenant, notamment grâce aux humoristes grand public, que les sujets les plus délicats ont été exposés. De Florence Foresti à Parlons Peu Mais Parlons, les femmes nous expliquent les choses avec humour. Moi-même, j’ai été surpris d’être plus calé que certaines amies concernant les moyens de contraception (“La cup ? Ah ? Qu’est-ce que c’est ??”) ou certaines maladies comme l’endométriose.

Les règles ne sont plus un tabou. Cette campagne, pour moi, tombe à pic dans une société qui en avait besoin. Elle est maline, bien pensée, et la subtilité, je le répète, bien dosé.

Pour moi, c’est un grand OUI.

(Et pour ceux que cela intéresse, la musique de la publicité est un morceau de Camille Yerbrough de 1975 : Take Yo’ Praise.)

Jean-Côme

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